L’ancienne caserne du XVIIIème témoigne de ce qui subsiste des anciens remparts démantelés de Vauban à l’endroit où l’ancien bras, aujourd’hui détourné, du fleuve de l’Escaut traversait les fortifications. Avec l’ancien hôpital général, son voisin mitoyen aujourd’hui classé monument historique, ils insufflent une épaisseur historique qui est le marqueur identitaire d’un site qui bénéficie aujourd’hui encore d’une mise à distance ; l’espace dégagé et boisé d’une des anciennes demi-lunes disparues des fortifications.
Des travaux d’aménagement datant de la fin des années 90, affectent l’ancienne construction à un restaurant et une bibliothèque universitaire ainsi qu’à un département d’enseignement artistique doté d’un Espace d’exposition dédié à l’art contemporain. Le programme du nouveau projet consiste à créer les locaux administratifs de la présidence de l’Université en reconfigurant les anciens programmes et en repensant totalement leur accès.
Le projet propose des accès spécifiques correspondant aux 3 façades réunies par un parvis pavé de pierre. Son architecture vise le geste juste entre le souci de la lisibilité de ces nouveaux accueils sans pour autant nuire à celle des bâtiments préexistants, entre l’affirmation d’une modernité juxtaposée à l’intégrité conservée des façades historiques. Elle vise un rapport de mise en valeur mutuelle entre ancien et nouveau autant par le dialogue des volumétries et des matériaux que par ses ajouts modernes élaborés autour de la mémoire et de l’allégorie.
L’espace central entre les deux ailes historiques est investi par l’accueil de la Présidence ; une extension en simple rez-de-chaussée fermée par une façade vitrée et couverte par un jardin suspendu. Au-dessus, deux prismes nets ceints de verre et d’inox poli transpercent ce tapis végétal. Il s’agit des volumes de la « porte » et de celui abritant les circulations verticales. Ces prismes sont deux arches laissant filer le regard à travers la transparence du verre. Transversalement, les parties pleines habillées d’inox poli dédensifient l’espace en renvoyant l’image du jardin et des façades. Clin d’œil au passé de la caserne, la combinaison de l’arche et des jardins étagés, évoque celle des remparts, conçus par Vauban, au sein desquels la porte est magnifiée par son échelle et sa richesse décorative.
Passé à l’intérieur, l’espace qui se découvre devant nous se présente comme une continuité des aménagements extérieurs. Un plafond acoustique de bois blond travaillé en facettes d’origami répercute un même esprit que celui de l’auvent du parvis. Retourné verticalement sur l’intrados des arches du sas d’entrée et de l’ensemble escalier, cet habillage de panneaux bois en facettes associé aux façades vitrées devient l’élément identitaire de la modernité du projet. Une présence architecturale qui fuit l’esprit de pesanteur et dont les caractères chaleureux et mouvant tempèrent la solennité des vieilles maçonneries.
TRACE Architectes, mandataire
TPF Ingénierie, BET TCE, HQE, exploitation maintenance
Pierre PASQUINI, Acoustique
Crédit photos : Denis Paillard