L’enjeu du projet est éminemment urbain ; il s’agit d’étirer plus au nord le cœur de la ville en reliant la ville basse à la ville haute. Il s’agit de faire évoluer le statut de la place de Gaulle, lieu charnière incontournable du flux automobile dans Cahors, en espace d’épanouissement de la vie urbaine où piétons et voitures coexistent sereinement. Il s’agit enfin de construire un complexe cinématographique ambitieux et son parvis en composant avec les restes de l’ancienne caserne Bessières.
Le fil rouge du projet est de proposer une nouvelle promenade urbaine s’étirant depuis le centre-ville historique jusqu’à la place Bessières sous la forme d’un cheminement sous les arbres dont la logique exploite l’image identitaire de l’espace public cadurcien – l’espace du piéton traduit de manière simple et intuitive par une déambulation sous l’ombrage d’une canopée. Autour de la place du général de Gaulle repensée, elle adopte la souplesse du parcours circulaire par une forme arrondie évoquant une clairière au centre de laquelle s’organise la polyvalence du stationnement, de la commémoration, du marché et de la fête foraine.
S’édifiant sur les traces de l’aile disparue de la caserne, le cinéma recompose l’ancienne place d’armes selon son axe de composition historique et la transforme en un lieu ouvert à toutes ses appropriations possibles - du festival de blues aux projections de ses deux festivals de cinéma en passant par la « fête du goût », les marchés des producteurs, les spectacles de rue ou encore les installations éphémères d’art urbain. Le complexe cinématographique constitue l’élément identitaire fort de cette agora : couvrant l’ensemble du bâti, un large auvent d’inox à la sous face réfléchissante la surplombe en partie lui renvoyant son image symétrique suspendue. L’espace de l’imaginaire cinématographique est déjà là, dans ce cadrage ludique et dans l’image reflétée de la vie de la cité. En prolongation, le parti architectural met délibérément en scène la vie interne du cinéma comme « en vitrine »; l’accueil et es sorties des salles de cinéma participent au spectacle donné sur la place au même titre que toute manifestation spécifique du complexe telle que les cocktails d’avants premières ou encore l’activité associative. S’il revendique les traces historiques fondatrices en même temps que l’audace de la modernité,le complexe cinématographique n’oublie pas que dans sa proposition conjuguée de plaisirs individuels et collectifs, il est un lieu d’échange et de rencontres et traduit sa relation privilégiée entre « cinéma urbain et ville cinéphile »….
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Trace Architectes - mandataire,
Montal Architecte associé
Projex Ingénierie
Seulsoleil Concepteur lumière
Diagobat Ingénierie acoustique