Si la ZAC de la Tibourgère a quelque chose d’unique, elle le doit aux espaces verts qualifiés d’arbres remarquables et aux liaisons douces dont le centre de gravité est la place de la ferme. Eriger le nouveau cinéma sur l’ancienne grange de granit en préservant les chênes vénérables, c’est d’abord avec une nouvelle modernité, révéler et protéger cette identité patrimoniale qui est l’esprit du lieu. De plus, choisir d’y implanter le programme culturel qui favorise le mieux le lien social et intergénérationnel témoigne d’une véritable ambition urbaine basée sur le « vivre ensemble », le dialogue culturel et l’émotion.
Protecteur avec des égards pour ce qui l’entoure mais aussi ouvert, attractif et animé; pour résoudre cette antinomie, le projet doit conjuguer des contradictions. A l’échelle du site, sa réponse est une présence flottante sur un soubassement vitré depuis l’amont de la pente au nord. Les façades bardées de lames oxydées et les toitures en facettes étanchées par une membrane elle-aussi oxydée dialoguent avec l’ancestralité des vieux chênes.
A l’image des restes de la ferme, ces matériaux semblent avoir toujours été là et communiquent un caractère d’authenticité. La séquence d’accès par le Nord du site privilégie la création d’un paysage en proposant une nouvelle liaison douce à l’écart des deux axes routiers encadrant le site. Un cheminement se faufile au sein des troncs pour se rapprocher du bâtiment. Au sein du filtre de la végétation, le cinéma apparaît comme une semi-présence; à travers le pointillisme d’ombres brunes et de reflets dorés, les lames verticales en façade déroulent un fond qui appartient autant à l’ambiance lumineuse du sous-bois qu’à celle de la pixellisation de l’image cinématographique.
TRACE Architectes, mandataire et économie
OLCAP, Architecte associé
INGEROP, BET TCE
ECB, OPC
DIAGOBAT, Acoustique
Crédit photos : Denis Paillard