Dès l’abord du bâtiment, à travers les courbes qui s’élèvent devant lui, le visiteur saisit l’organisation de la salle de spectacle ; Cette poupe en devers qui abrite les cheminements vers l’entrée n’est-elle pas celle de l’arrière de la salle dont les gradins génèrent ce porte-à-faux ? Ce galbe de la façade ne traduit-il pas une organisation où les spectateurs enveloppent la scène ?
C’est dans ce rapport expressif que s’expriment les activités et les usages. Les volumétries en rondeurs génèrent des angles de vues et relient les espaces. L’entrée du pôle culturel apparaît comme une évidente conséquence sur le déroulé des courbes. L’espace de déambulation qui le poursuit est nimbé de lumière par deux verrières aux contours souples. Celles-ci font écho aux contours latéraux de la salle et, sur le côté opposé, au ruban continu du bar, de la banque d’accueil et du point d’échange des vestiaires. Ce grand hall lumineux, distribue les accès hauts et bas à la salle de spectacle, et après avoir franchi le contrôle d’accès, les programmes d’arrière scène, du catering, de l’administration au rez-de-chaussée et les studios de répétition à l’étage.
Au sein de cet espace sur deux niveaux,une fresque murale reproduit la paire de lunettes brisée de Salvador Allende retrouvée dans les ruines du palais présidentiel bombardé en 1973. Hommage rendu au sacrifice du président chilien, elle évoque en même temps les deux sens – la vue et l’ouïe – sollicités chez le spectateur dans le cadre du spectacle.
Pénétrer à l’intérieur de la grande salle par les sas acoustiques fait ressentir un espace soustrait au monde pour ne pas gêner l’alentour et se concentrer sur le spectacle. Afin d’exploiter la technique constructive au profit de la force identitaire du lieu, les parois latérales en béton sont réalisées à partir de matrices évoquant le drapé du rideau de scène, la voûte du plafond en béton est coulée sur une résille de poutres croisées en bois offrant un chaleureux dispositif de caissons pièges à sons. Entrer dans le pôle culturel pour rejoindre la salle devient un acte teinté d’une certaine théâtralité métaphorique : c’est un embarquement pour un voyage, un rappel s’il en était besoin, de la dimension festive de l’instant.
.jpeg)
TRACE Architectes mandataire
KANJU Scénographes
ENERGELIO Ingénierieenvironnementale
GINGER SECHAUD & BOSSUYTIngénierie
PASQUINI Ingénierie acoustique
TECMO économiste