«…Nous sommes les bâtisseurs de l’éphémère ; nos murs sont de carton, nos labyrinthes de verre….nos vérités de doute, nos réalités de rêve, nous sommes les chatouilleurs de certitudes…» C’est en ces termes que l’Oiseau-Mouche se présentait lors de l’inauguration de son nouveau lieu de production théâtrale en Novembre 2001. Le théâtre s’installe à cette date sur les restes d’une ancienne fabrique du XIX°, partiellement démolie à l’occasion de la création de la nouvelle avenue des Nations-Unies.
Les stigmates de ce percement, les sédiments laissés par les occupations successives, confèrent au lieu une puissance d’évocation que le projet architectural s’est attaché à mettre en scène :
- Le cœur du théâtre, salle de spectacle et atelier des décors, occupe les anciens ateliers dont les toitures en sheds s’expriment en façade, surplombant le déambulatoire vitré qui joue le rôle de « vitrine » pour les spectacles de la Compagnie.
- Les salles de travail des comédiens se superposent à l’abri d’une carapace en écailles d’acier oxydé qui s’affirme, mystérieuse, sur le carrefour avec la Grand ’Rue.
- L’ancienne maison de maître, dont il ne subsiste que l’ordonnancement soigné de l’étage, abrite la direction du théâtre, les loges ainsi qu’une grande salle de répétition installée sous les combles.
Les vides existants ou créés entre ces trois entités, cour, entre-deux, sous-face, sous-sol, sont investis par le hall d’accès, le foyer et le restaurant, tour à tour lieux de vie quotidienne pour les comédiens et lieux d’accueil du public. Traces du temps, matières brutes, couleurs, lumières sont les prémices de l’aventure théâtrale…
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